InfoSud Bern   
    Home · Cette semaine · Présentation · Articles · Liens · Contact · Recherche avancée · Mailing-list    
 En direct du Sud
12/2/02: Afrique: les cotons de demain seront-il moins chimiques ?
Le coton cultivé à grand renfort d'insecticides a montré ses limites. En Afrique comme ailleurs, les ravageurs résistent. Utiliser moins de pesticides ? S'en passer complètement ? Cultiver en Ogm ? Les trois options sont ouvertes aux sociétés cotonnières.
12/2/02: Le coton bio s'enracine au Mali
Au Mali, le coton biologique a fait ses premiers adeptes dans le sud du pays. D’abord sceptique, la société cotonnière nationale, s’associe aujourd’hui au programme d’Helvetas, une Ong suisse, qui développe cette culture. (Syfia International)


12/2/02: Cambodge : manger du rat sans dégoût
Sous le régime des Khmers rouges, les Cambodgiens chassaient en cachette tout ce qui leur tombait sous la main. Aujourd'hui, à la campagne, on consomme encore de la viande de rat. Mais par gourmandise ! (Syfia International)


12/2/02: En Côte d'Ivoire, une syndicaliste célibataire milite pour la polygamie
Suzanne Singo est l’héroïne de "Qui fait ça ?", une série satirique de la TV ivoirienne. Elle préside le Syndicat des femmes célibataires de la Côte d’Ivoire qui lutte pour la promotion et la légalisation de la polygamie. (Syfia International)


 Article

Dans un village israélien, Juifs et Arabes apprennent à vivre ensemble

12/11/2000

A Newe Shalom-Wahat Al Salam, 40 familles éduquent leurs enfants à une cohabitation de qualité. Témoignage à Genève.


Elle s’appelle Evi Guggenheim Shbeta. Née en Suisse, elle a émigré en 1975 en Israël. Elle a épousé un Palestinien et est mère de trois filles. Il s’appelle Anwar Dawod. Il est né en Galilée. Elle juive, lui musulman, tous deux sont citoyens isréliens. Ils représentent deux familles parmi les 40 qui ont fait le choix de vivre ensemble dans un village pas comme les autres, situé entre Jérusalem et Tel Aviv.

Pour eux, la formation des enfants à une cohabitation de qualité est primordiale. En Israël, l’éducation des Arabes et des Juifs est presque totalement séparée, même dans les villes mixtes. Au jardin d’enfants de leur village de pionniers, les petits commencent déjà à apprendre l’arabe et l’hébreu. A l’école primaire, deux enseignants poursuivent, dans les deux langues, les cours de maths, d’histoire ou de géographie. Aujourd’hui, la grande majorité des élèves viennent de l’extérieur. L’Etat israélien a accordé une reconnaisance officielle à l’école en 1993 mais ne subventionne quelques élèves que depuis cette année. Une Ecole pour la Paix fonctionne également depuis des années sous formes de séminaires organisées dans plusieurs universités israéliennes. Elle a développé une pédagogie de rencontre entre groupes en conflits : Isréliens et Palestiniens (d’Israël ou des Territoires occupés et autonomes), religieux et laïcs, des journalistes et des enseignants des deux groupes, etc.

Invités la semaine dernière à Lausanne par la Fondation Education et Développement, ils parleront encore ce soir à Genève* de leur expérience. Si leur discours est indéniablement porteur d’espoir - parce que des choses se font pour qu’un jour la guerre des pierres et la diplomatie hypocrite cessent -, ils ne donnent vraiment pas dans l’angélisme. « Newe Shalom-Wahat Al Salam » signifie « source de paix » en hébreu et en arabe. « Ces derniers temps, ce serait plutôt oasis de paix, précise d’emblée Evi Guggenheim Shbeta. Je peux vous assurer que quand la peur règne des deux côtés, il n’y a plus vraiment de place pour la discussion. » Et pourtant. Les appels de la part d’enseignants de toute la région ont afflué vers les responsables scolaires du village : « Aidez-nous. Comment peut-on expliquer la violence actuelle à nos élèves ? »

Pour les instituteurs, vouloir dépasser l’idéologie d’un Etat est une chose. Mais ça se complique lorqu’il s’agit de dispenser un enseignement équilibré, tenant compte de deux versions de l’histoire, sur des territoires aux contours mouvants et où les noms diffèrent selon les cartes arabes ou israéliennes. « Nous voulons que des acteurs de l’histoire, Palestiniens et Juifs, viennent parler à nos élèves. Les versions sont diamétralement opposés mais les enfants grandissent au moins avec les deux histoires dans la tête », explique Anwar Dawod, lui-même enseignant et aujourd’hui maire de son village. Les mathématiques sont un bon exemple de la gymnastique mentale qui attend les élèves bilingues : l’hébreu s’écrit de gauche à droite, l’arabe de droite à gauche, et les chiffres sont différents ! « A l’extérieur du village, les jeunes Arabes qui pourront faire des études supérieures étudient tout de suite les maths en hébreu. Ils savent que les meilleurs manuels sont dans cette langue », précise Anwar Dawod.

En Israël, un million de citoyens (sur six millions) sont Palestiniens, ou Israélo-arabes selon les vocables. Cette minorité parle d’abord l’arabe, puis l’hébreu, et enfin un peu l’anglais. La majorité, elle, parle d’abord l’hébreu, puis l’anglais pour presque tous, le français parfois et enfin l’arabe… assez rarement.

InfoSud/Fabrice Boulé











© InfoSud - Toute reproduction interdite sans l'accord d'InfoSud
Veuillez nous contacter pour publication






Envoyer l'article à un-e ami-e:

E-mail du destinataire
Votre e-mail
Commentaire

 Autres articles

· Sur fond d'islamisme, le protestantisme prend essor en Algérie - 22/2/2002
· L’Afrique enseignée dans les écoles ne doit pas être que pauvre - 21/2/2002
· Rencontre avec une fermière suisse engagée - 21/2/2002
· Transfert des fonds en Afrique - 21/2/2002
· Lausanne: deux rescapés de la grève de la faim dans les prisons turques témoignent - 21/2/2002
· La politique africaine de la Suisse : active et modeste, altruiste et intéressée - 20/2/2002
· Tunisie: un ancien opposant récupéré est mort très bizarrement - 15/2/2002
· Justice internationale: Bonne nouvelle pour Byia et Gbagbo? Par sûr. - 15/2/2002
· Liberté d’expression : Turquie contre Noam Chomsky - 13/2/2002
· Un général irakien proche le l’administration américaine est accusé de crime contre l’humanité - 13/2/2002
    Home · Cette semaine · Présentation · Articles · Liens · Contact · Recherche avancée · Mailing-list    

InfoSud, av. de Cour 1, CP 164, CH-1000 Lausanne 13 - Tél. +41 21 612 00 91 / Fax +41 21 612 00 99
Courriel: infosud@cdt.int.ch - Site: www.infosud.org